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20 Jun

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Publié par cestdurlevelo  - Catégories :  #Ardéchoise, #Ardèche, #Col du Buisson, #Saint Agrève, #Saint Félicien, #Team Mont Ventoux, #Compétition, #Ardéchoise Vélo Marathon

277km en 11h06, D+ 5250m, coef 1,89

Météo: froid glacial (4°) et pluie drue pendant plus de la moitié de la journée

Déjà 4 ans que je viens sur les routes de l'Ardéchoise en juin... que le temps passe vite !

  • En 2013, j'avais fait le parcours classique de 220km en mode randonneur, c'est à dire non chronométré. Superbe découverte de coins magiques et d'une ambiance sur et en bords de route que je ne connaissais pas.
  • En 2014, je m'étais lancé sur le parcours de 278km / 5300m D+, 'l'Ardéchoise Vélo Marathon'. Arrivé à quelques kilomètres de l'arrivée, étant en toute fin de journée, la gendarmerie m'avait détourné et même si j'avais pu finir le parcours, ayant pris un petit raccourci de peut être 5km, j'étais resté sur un gout d'inachevé.
  • En 2015, de nouveau l'AVM. Cette fois-ci, j'avais des jambes phénoménales et une impression de très bien gérer mon effort... j'avais plié ce parcours àplus de 24km/h de moyenne.
  • En 2016, je me lance de nouveau sur ce parcours. Ayant eu de superbes sensations sur le très récent BRM 400 à Grenoble, j'ai pour objectif d'essayer de faire un meilleurs temps que l'an passé. On verra à l'arrivée le verdict rendu par le chrono...
18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Depuis 2014, cet évènement vélo est devenu particulier pour moi... c'est l'un des deux seuls moments de la saison où je 'joue à faire la course'. J'utilise volontairement ce vocabulaire imagé et enfantin, car le vélo pratiqué sur une Ardéchoise Vélo Marathon est très différent des autres types de courses cyclistes que l'on peut voir ici et là. Moi, par exemple, des courses je n'en vois qu'à la télé (Tour de France pro, etc), sur le pas de ma porte lorsque chaque année depuis 3 ans je vais voir passer le Grand Prix de la Municipalité de Saint Genis Pouilly, qui passe dans ma rue, à faire des boucles à + 40km/h, ou encore le contre-la-montre de Paladru que je fais depuis quelques temps en octobre Isère. Chacune de ces autres façons de courir ou de voir courir les cyclistes a un aspect très concurrentiel, compétitif. En ressort une impression de puissance, de combat contre les autres. On aime ou on n'aime pas.

La différence ici, sur l'AVM c'est qu'à mon niveau, honnêtement ce n'est qu'un combat contre moi même. Oser se lancer sur un parcours si long et exigeant, à vitesse soutenue et régulière, ça prend du courage. Ne pas avoir peur de partir à bon rythme et d'exploser à mi-parcours. Savoir gérer chaque moment de la journée, les hauts virevoltants et les bas qui vous broient le cerveau. Penser à réguler chaque facteur nécessaire au succès: gérer la douleur, le rythme, se nourrir et boire suffisamment.

Bref, au départ de cette course cyclosportive, des milliers de gens vont partir en espérant décrocher la personne derrière eux, et rattraper celle de devant. Moi je pars en ne souhaitant battre qu'un seul concurrent: le 'moi' de l'an dernier ! 11h43 au chrono officiel en 2015, j'ai pour ambition de faire mieux. Idéalement, en-dessous de 11h30 ça serait top.

Pour ça, il va falloir suivre les conseils de Yann: partir fort. Le départ, c'est le seul endroit où je n'avais pas pédalé en mode 'à fond / longue distance' l'an dernier. Donc après avoir retrouvé Brigitte et Laurent à Valence, fait le trajet jusqu'au départ en voiture ensemble, s'être préparés, et avoir partagé un court moment dans le sas de départ 'Ardéchoise Vélo Marathon (AVM)' à Saint Félicien avec Yann, Lionel, Brigitte, Valex, Laurent, et Jacques, dès le 'bip' du départ à 7h20, je lâche les chevaux.

Le cardio monte rapidement à 91%. L'année dernière, je me rappelle avoir levé le pied pour ne pas trop partir dans les tours... là je laisse filer. Je sais qu'il y a de l'excitation, et qu'il est normal que ça plafonne comme ça. Je sais aussi qu'avec le gros entrainement notamment home trainer que j'ai fait ces derniers mois, je suis capable d'encaisser ça et de quand même poursuivre un effort au long cours.

A mi-ascension, je suis repris par Laurent. Quelques mots échangés puis il se laisse décramponner... on ne se reverra que ce soir à l'arrivée. Quant à Yann, il est parti devant, et je ne le reverrais que devant le repas du soir - au terme de sa performance incroyable.

Il se met à pleuvoir à moyennes gouttes sur le haut du col du Buisson, j'ai bien fait de partir couvert. Au sommet, je n'ai qu'à refermer le petit coupe-vent sans manches, pour partir sur la route en balcons, avalée tout seul, puis la descente sur Lamastre, prise prudamment.

Le groupe au départ...
Le groupe au départ...

Le groupe au départ...

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Après Lamastre, il y a beaucoup de faux-plats montants avant d'aborder la montée du col des Nonnières. Je me retourne souvent en espérant que ça revienne de derrière, mais non... personne devant, personne derrière ; je suis bien forcé de continuer à travailler seul.

A 3km du sommet, le peloton des cadors, ceux qui jouent la gagne sur les parcours de moyenne distance, me rattrapent. Eux partaient dans un sas 10min après moi. Contrairement à l'an dernier, je m'accroche à eux, en fond de groupe. Ca roule très vite, le cardio est à 91%, et je me rends compte que dans les virages à la corde, ça freine parfois, même en montée ! Je parviens à rester scotché à eux en passant le col des Nonnières ! Petite victoire intérieurement - je bascule avec eux sur la descente du Cheylard. La descente est faite à fond, relances en sortie de virage et tout... j'ai du mal à m'accrocher, mais parviens à revenir sur la fin. Au Cheylard, ça semble temporiser un peu, le groupe se reforme en partant sur les faux-plats montant jusqu'à Sardiges. A Dornas, je suis encore dans le coup, et je me frotte les mains de profiter de l'effet de groupe... et bien sur, à Sardiges, où débutent les portions de montée plus sérieuses jusqu'au col (dans les 6km), l'élastique pète, et je poursuis en solo.

Le 'boss' me double dans ce coin là, environ 500m plus haut que l'an dernier, preuve que je suis dans les temps... d'ailleurs j'améliorerais mon temps sur cette montée de plus de 7 minutes... il faut bien gagner du temps en montée si on fait des descentes over-prudentes en raison des routes mouillées ! 30 secondes de pause au sommet pour remplir un bidon, et j'enquille dans les 16km de descente. Je reviens rapidement sur un groupe de 6 éléments, mais reste bloqué derrière, sans parvenir à les doubler. Sur le bas de la descente, la route est moins tournante, je parviens à passer devant et continuer à envoyer du braquet... évidemment, tout le monde scotché à mon arrière train, et ils me redoublent dès que ça remonte sur le col d'Aizac.

Tiens, un maillot Team Mont Ventoux devant moi ! On vient de reprendre Lionel, qui s'est arrêté 5 minutes pour faire passer des crampes. Même avec cette longue pause pour lui, je me dis qu'être à ses côtés ici, maintenant, c'est très fort, vu le calibre du garçon. Je suis dans le coup ! Evidemment, il repart bientôt devant, mais j'apprendrais qu'il aura fait une pause à Aizac même, et restera derrière jusqu'au Gerbier de Jonc, avant de décider de couper court et de faire le parcours de 220km plutôt que celui de 278km.

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Courte descente avant le col de Moucheyre: coincé derrière un cyclo qui a du mal à descendre... sur un vélo de crack mais avec des jantes carbone qui ne freinent pas... c'est malin. On finit par passer devant ; je fais la totalité de la montée avec Jean Paul, un cyclo de Bourgoin, en discutant. Il part aussi sur l'AVM, et nous allons faire de gros bouts de route ensemble. Je descends plus fort que lui, mais il semble mieux en montée. Il me reprend donc peu après Burzet... A ce stade, 3h30 de course, je suis à 29.3km/h de moyenne... avec 12 minutes d'avance sur l'an dernier.

12km de montée pour la Barricaude... l'un des deux gros morceaux du jour. On se fait doubler par pas mal de participants, partis sur le parcours de 220km... l'itinéraire est encore en commun jusqu'au mont Gerbier de Jonc.

Perso, je n'aime pas trop cette grimpée... pourtant le paysage est magnifique. Les fleurs jaunes des genêts dans les collines environnantes détonnent de couleur face à la grisaille qui prend de plus en plus de place dans le ciel... à un point qu'arrivé au sommet, il se met à pleuvoir assez sérieusement. Je fais une courte pause ravito à Sagnes et Goudoulet... mon ravitaillement préféré, car il signifie la (presque) arrivée au sommet (mont Gerbier de Jonc) et il n'y a jamais grand monde ici. J'en profite pour mettre le kway... bientôt, je suis malgré tout trempé.

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Sur les faux plats et la descente qui mènent à la dernière rampe de 3km jusqu'au Gerbier, il pleut à seaux. La route est détrempée, moi avec. Il commence à faire super froid aussi. On a vu mieux comme conditions... Voici le mont Gerbier... je passe devant à 12h27... soit avec 15 minutes d'avance sur l'an dernier, et environ 50 sur 2014 ! Je suis très bien parti, et mes efforts dès le départ ont payé. Maintenant, il reste à garder du rythme jusqu'au bout... je ne suis même pas encore à la moitié du parcours.

En tournant à gauche au Gerbier de Jonc, le parcours de l'AVM quitte celui de l'Ardéchoise, qui rentre plus directement vers St martin de Valamas et Saint Félicien.

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

C'est donc parti pour les longues portions solitaires du parcours AVM... c'est ma troisième fois ici, alors je commence à connaitre. Et je sais donc que mentalement, le début est particulièrement difficile. C'est là que l'expérience en 'longue distance' à vélo paye... je me blinde mentalement et pense simplement à pédaler. Peu importe le rythme, peu importe la fatigue déja réellement présente dans les jambes, il faut simplement poursuivre et laisser passer l'orage... dans tous les sens du terme ! Car pendant un moment encore, ça va tomber fort... très fort. Quelques secondes de grêle, même. Je suis trempé comme pas possible.

Allez, courage. Je m'auto-encourage, surtout depuis j'ai lu dans un article tout ce qu'il y a de plus scientifique (si, si !) que les performances physiques sont nettement meilleures lorsqu'on reçoit des encouragements verbaux ! Alors oui, je me parle à moi-même... dans la tête ou à haute voix. Faut pas lâcher le morceau malgré ces conditions de 'bout du monde' !

La descente aux Estables est forcément caillante. En plus il y a un peu de vent froid de nord, pour finir de vous glacer les os. Pas mécontent de retrouver la montée qui mène à la Croix des Boutières, au moins ça va me réchauffer. J'ai 19min d'avance sur l'an passé, à ce stade de la journée.

Seulement, avec 4° au mercure, du gros brouillard au sommet, et la pluie drue qui continue son travail de sape sur mon mental, c'est dur. Et clairement, je rame... le rythme est tombé dans la 'très longue endurance'...

Mais je vais prendre un bon coup de fouet positif au sommet ! C'est le point culminant de la journée, et même si je crains la descente qui suit, je suis content d'avoir passé la mi-parcours, et de poursuivre sur des sections bosselées, mais qui n'annoncent aucune grosse montée pendant quelques temps. OUF. Le coup de fouet en question, c'est cette voiture anonyme, garée sur le petit parking du sommet... la porte du coffre est entre-ouverte, et... un maillot Team Mont Ventoux y est accroché ! J'ai besoin de m'y prendre à trois fois pour bien vérifier que c'est ça, en approchant à rythme d'escargot... mais si, c'est ça... et là, le coffre s'ouvre... sur Gilles !

Gilles, de la Team Mont Ventoux, à défaut de courir sur l'AVM cette année (nous l'avions finie bras dessus-dessous en 2014), est venu encourager les membres TMV qui passeront ici au cours de la journée ! Un vrai mec en or, qui sort immédiatement, me félicite, m'encourage. J'ai envie de le serrer dans mes bras, sauf que... je suis trempé, lui non ! Et... c'est la course, il ne faut pas que je traine. Il insiste 3 fois pour que je prenne un sandwich qu'il m'a préparé à l'avance !!! "Prends-le, manges ce que tu veux, et au pire jettes le reste", me dit-il ! Je n'ai probablement qu'une grimace contractée sur le visage, mais j'ai un gros sourire dans la tête en retrouvant mon poto ici ! Presque à contre-coeur, j'embarque le sandwich coincé dans la bouche, tout en m'engouffrant dans la descente.

Et finalement, j'ai bien fait d'écouter les conseils avisés de Gilles: j'engloutirais la totalité de cet énorme sandwich jambon-fromage en quelques minutes seulement ! La descente est glissante, et je sais que la chaussée est irrégulière par endroits... les freins sont noyés dans l'eau, je suis à deux doigts de partir tout droit dans un léger virage à gauche.... même à trs faible vitesse, évitons de se retrouver les fesses dans le fossé.

La pluie continue de tomber... ça en devient navrant. On ne voit pas grand chose des sucs, les montagnes aux formes si particulières dans la région... et même ceux que je vois, je ne les regarde que peu... j'ai les yeux plantés dans la route, pour éviter les plus grosses flaques d'eau, je manoeuvre comme je peux et continue de pédaler, même en descente. Je suis CON-GE-LE. Le haut du corps est tout crispé, des épaules au torse, en passant par les bras. J'ai mal aux côtes. Je reprends deux cyclos en approchant du col du Viallard, où je sais que je trouverais un ravito dont j'ai bien besoin !

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Ce ravito se trouve au sommet d'une petite côte, que j'essaie de passer un peu en force. Arrêt de deux minutes au sommet. J'observe à peine la 20aine de cyclistes massés sous le petit préau monté pour protéger le ravito. Moi je reste devant, je ne me mets pas au chaud, je ne me mets pas à l'abris... pour moi la seule manière de rester pseudo-réchauffé, c'est de reprendre le pédalage au plus vite ! On me verse un litre de thé chaud dans un bidon, je me mets de l'Isostar dans l'autre. Je me prends à nouveau 3-4 cakes sucrés et barres de céréales, et je repars.

C'est la descente de Saint Clément ! La plus technique de toute la journée. Sous ces trombes d'eau, le risque de glisser est présent. Alors pas le choix, je la fais au ralenti. La pluie se calme lorsque j'arrive en bas ! Enfin ! Alors j'enlève le k-way pour affronter la seconde des deux grosses côtes du jour: le col de l'Ardéchoise.

Le début n'est pas trop grimpant. Bientôt, voici Chanéac - j'ai 21min d'avance sur l'an dernier. Pas un chat au ravito, les bénévoles se sont tous planqués à l'abris. Je les comprends ! On reçoit quelques encouragements de leur part, leur voix est quelque part derrière moi, mais je ne m'arrête pas. Pas besoin de m'asperger d'eau comme je le fais ici chaque année pour me rafraîchir... cette année, la météo s'en est chargée elle-même.

La pente se cabre un peu, surtout après les quelques lacets resserrés en forêt. En sortant des bois, il ne pleut plus du tout. Je me rappelle que la dernière portion, sur la route en balcons, peut paraitre bien longue. Largué par mon compagnon Berjallien et un autre cyclo avec qui on joue au chat et à la souris depuis un moment, je les ai vus disparaître au loin, mais je reprends du poil de la bête et refait tout mon retard. En arrivant au sommet, je suis avec 'JP', et l'autre mec à disparu loin derrière. Descente sur Borée, puis nous suivons la direction de St Martin de Valamas.

Je continue de boire et manger au mieux, je me rappelle de mon sentiment d'impuissance en étant incapable d'accrocher les groupes qui me doublaient sur les longs faux-plats descendants jusqu'à St Martin l'an dernier. Hésitation à une bifurcation, les panneaux d'indication de l'Ardéchoise ne sont pas clairs. Visiblement, on escamote la courte remontée sur St Martial cette année. Ça continue donc de descendre dans les gorges, et là... l'incident du jour...

Un cyclo me double, s'intercale entre moi et JP, passe dans une courbe à droite, disparait de ma vision devant... et lorsque je franchis le virage, j'entends sa lourde chute. Arrêt immédiat. JP en fait de même. Le mec se tord de douleur, il a vraiment mal chuté. Incapable de bouger, il a ripé sur une pierre pour se prendre la rambarde à l'extérieur du virage. Le verdict semble évident: hanche (ou jambe) cassée, et une probable hémoragie interne au vu de sa jambe qui gonfle à vue d'oeil. Le pauvre... on sécurise le virage, arrêtons une voiture... puis on alerte les pompiers. Entouré d'une couverture de survie, et adossé à la rambarde au bord de la route, le mec est au moins en sécurité. Il n'a pas perdu connaissance et la tête n'a pas tapé par terre. Il n'y a donc pas de danger important immédiat. Ne pouvant rien faire de plus, et puisque l'accident à généré un attroupement de peut être 5-6 personnes, les pompiers sont alertés, JP et moi reprenons notre route en nous engageant à prévenir l'organisation au prochain point de contrôle qu'il y a eu un accident.

Tout ça m'a refroidi, et pas qu'un peu. JP part devant dans les longs faux-plat, je n'ai même plus le coeur à le prendre en chasse. Puis la course reprend le dessus, j'ai eu confirmation que les pompiers étaient prévenus et que le mec était bien entouré, alors en arrivant à St Martin j'essaie de me remotiver. La paire avec JP se reforme, il s'est fait ravitailler par sa famille, et on repart donc ensemble sur la longue montée en pente douce jusqu'à St Agrève. 15km tout de même ! Alors j'aborde ça avec prudence. JP m'indique que j'ai semble-t-il retrouvé des forces, et accéléré. Moi je ne m'en rends pas compte. On discute de l'accident, pour un peu exorciser cet incident qui 'marque'... on est conscients que ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand, n'importe où. Pas besoin de m'arrêter à St Agrève, je me ravitaillerais en eau au sommet de la côte suivante, au village de Rochepaule. Entre temps, je suis d'abord obligé de m'arrêter, ma pompe est en train de glisser de son étui sur le cadre, et je suis forcé de le prendre dans la poche au dos du maillot.

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

Même sans pause au ravito de St Agrève, je ne mets que 2min30 de moins que l'an dernier sur ces longs kilomètres grimpants... preuve que la fatigue est là... il faut aussi dire que l'an dernier, un groupe de néerlandais avait posé un super tempo, et je m'étais arraché en fond de grupetto.

Je reviens sur JP dans la descente, et maintiens une courte avance dans la montée de Rochepaule. En 2015 j'avais fait l'avion ici... cette année, même si (comme dit Tom) je joue à Pac-Man en doublant un grand nombre de participants, je sens que ça ne tourne pas super vite. Tiens, voici Maurice de St Péray... je l'encourage et poursuis ma route. A Rochepaule, arrêt de 30s pour remplir un dernier bidon d'eau, et descente.

18 juin 2016 - Ardéchoise Vraiment Mouillée (AVM)

C'est la dernière côte !!! L'exigeante montée sur Lalouvesc, dont les 5 premiers km sont difficiles, et les 4 derniers plus roulants. Façon de parler. Un cyclo habillé en orange m'a doublé à beau rythme... je m'efforce à le garder en point de mire... ce que je ne réussirais que partiellement, il finit par disparaître au loin... mais j'ai 'bouffé' pas mal de monde quand même à cette occasion. Je remets le gros plateau sur les dernières bornes, et fait beaucoup de danseuse pour emmener plutôt en force... le cardio a beaucoup de mal sur cette fin de parcours.

Lalouvesc !

Lalouvesc !

Lalouvesc ! Je fonce dans la courte descente au coeur du village avant de remonter tout en force, et tourner à droite pour passer devant la célèbre église aux deux clochers. C'est fait ! Ou presque. Il ne me reste plus que la longue route des crêtes avant de retomber sur le col du Buisson et la descente sur St Félicien.

Je ne peux m'empêcher d'avoir le sourire en passant à la très courte bosse du col du Faux... ici l'an dernier s'était joué le dénouement tout en émotions de ma première AVM finie de bout en bout... à lire sur mon article de 2015. Là encore, c'est bon, je sais que j'ai de l'avance sur les barrières horaires. Sur la route des crêtes, un cyclo habillé en jaune me double et me crie quelque chose qui ressemble à "prends ma roue !!! Tu m'as bien servi de poisson-pilote dans la montée, alors à mon tour de t'aider". Quel pied ! Le mec a un sac à dos et (je crois) un vélo en titane... il fait plutôt cyclo-randonneur-sportif plutôt que coursier, mais quel coup de pédale il a ! Magnifique. Je me cache derrière lui et profite de son aspiration un long moment. Je passe un moment devant en souhaitant lui rendre la pareille... mais je n'ai plus la force, et ne ferais qu'un petit kilomètre devant lui. Pas radin pour un sou, le mec me dit qu'il comprend, et qu'il est prêt à m'aider jusqu'au col du Buisson où débutera la descente sur St Félicien et la ligne d'arrivée. Il remet un dernier coup de vis et bientôt nous voici au sommet. Je le remercie et repars devant en descente (lui m'avait indiqué qu'il n'avait pas de bons freins et qu'il descendrait cool).

Moi, je descends prudemment bien sur, mais en relançant à fond en sortie de courbe. Superbes sensations. Derniers faux-plats montants, et voici le tapis rouge........

.... 'BIP' de l'arrivée. Ouahou ! Quelle expérience !

Le finish... enfin !

Le finish... enfin !

J'ai des crampes dans les doigts de pied, qui ne disparaîtront qu'après une douche chaude dans le gymnase de St Félicien. J'ai, très honnêtement, mal de partout, et ça caille sévère. Mais j'ai pu profiter de la fin malgré tout, le ciel a même montré un ou deux bouts de bleu !!!

Conclusions:

  • Des abandons à la pelle, plus de 200 cyclistes en hypothermie... l'organisation de course a du affréter des bus pour les rapatrier.
  • Nombreux sont les cyclos à avoir raccourci leurs parcours. N'empêche que même raccourcis, ça donne toujours de gros parcours de 180, 200 ou 220km, avec un dénivelé plus que conséquent. Vu les conditions météo, ça fait une journée hors du commun et des parcours plus qu'exigeants ! Voir l'article de Brigitte pour les résultats de tous les copains de la TMV et affiliés. A signaler notamment une perf hallucinante de Yann, qui se classe 10ème au scratch de l'AVM... le garçon se fait un nom dans le milieu de la longue distance !
  • Une grande journée de vélo pour moi aussi, malgré ces conditions météo de folie ! 254 partants sur l'AVM, 53 finishers... je termine 22ème. Mon temps de 2015 est amélioré de presque 22 minutes: temps total 11h22m (dont j'aimerais pouvoir déduire mes 10min de pause pour assister le cyclo blessé...). 8 petites minutes de pauses cumulées sinon ! Ce qui contribue grandement à de bons résultats en longue distance... rouler régulier, sans se cramer, mais sans trop s'arrêter également. A regarder de près mes temps de passages, j'ai clairement fait mieux dans la majorité des montées par rapport à 2015, mais aussi perdu un peu de temps en descente, vu les routes glissantes. J'ai également roulé moins fort sur la fin, notamment dans les trois dernières grimpées (St Agrève, Rochepaule et Lalouvesc).
  • Bien content d'avoir pu passer plus de temps avec Laurent pour faire plus connaissance ! Merci évidemment à Brigitte pour les bons moments et une logistique aux petits oignons (et un petit déjeuner copieux le lendemain matin avant que chacun ne rentre chez soi !).
  • L'un des moments forts de la journée: le repas du soir avec tous les copains au camping de St Victor... je baillais à m'en décrocher la mâchoire, mais on a quand même bien pu profiter des récits des uns et des autres... merci à tous !
L'arrivée
L'arrivéeL'arrivée

L'arrivée

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Lestoub 30/06/2016 10:07

Salut l'ami,
Va voir la video promotionnelle que l'on vient de recevoir sur l'Ardéchoise...sauf erreur il y a un gus connu qui passe à Nonières
Amitiés

cestdurlevelo 30/06/2016 10:19

Ahah oui je l'avais deja vu - merci !
Visiblement y'en a qui ont beaucoup de mal à garder leur sang froid et choper un gobelet au vol après avoir accroché le peloton en sur-régime pendant quelques temps :)

laurent V 25/06/2016 21:56

aprés cette lecture , on peut facilement dire que vous un forçat de la route apres une meteo aussi catastrophique .mille fois bravo
PS quels exrecices avez vous fait sur Home trainer svp

cestdurlevelo 26/06/2016 14:00

Salut Laurent, merci de ton passage ici. Météo catastrophique, mais 2 semaines après, je garde de bons souvenirs de cette expérience malgré tout :) Sur le home trainer, je fais différents exercices, mais ce que je pratique le plus souvent, c'est le fractionné. J'aime notamment (et trouve que j'ai progressé) grâce au 8*3 min à +87% de ma FMAX, 1min de récup entre chaque accélération...

bruno 24/06/2016 19:32

A lire tes Cr cela a l'air d'être toujours aussi facile de faire l'AVM et en plus tu t'améliores d'année en année.
Ca doit venir de l'effet TMV et il faudrait pet être que je m'inscrive car le maillot à l'air de faire rouler plus vite :)
A l'année prochaine au repas du camping en espérant y être cette fois.

cestdurlevelo 24/06/2016 21:00

Facile, non ! Loin de là. Mais ayant bien progressé depuis deux ans, j'ai moins de mal qu'avant. That's all. Mais ça reste une effort hors du commun, et j'en suis sorti transi de froid, avec des douleurs aux tendons des genoux, et de belles courbatures aux cuisses :)
A l'an prochain alors !

jc 24/06/2016 18:50

254 partants, 53 finishers et tu te classes 22 ème, même si tu n'aimes pas mettre un dossard, ça en dit long sur la performance...et le mental dans des conditions pareilles.
BRAVO pour avoir bouclé encore une nouvelle AVM, celle là il fallait aller la puiser au plus profond de ta motivation, tu as un mental à toute épreuve !
Dommage pour ceux qui ont abandonné, mais avec cette météo c'est compréhensible.
A bientôt,
JC

cestdurlevelo 24/06/2016 20:59

C'était une AVM à faire plus au mental qu'au physique. Et c'est un point sur lequel j'ai fait de bons progrès. Par ex, j'ai trouvé le BRM400 bien plus difficile que l'AVM. Même si le rythme est bien entendu très différent.
A+

Philkikou 22/06/2016 07:03

costaud dans les jambes et la tête cestdurlevélo chapeau !!! et prometteur dans de bonnes conditions ...

cestdurlevelo 22/06/2016 07:35

Merci !

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Cyclotourisme en Rhône Alpes / Suisse