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09 Aug

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Publié par cestdurlevelo  - Catégories :  #Col d'Izoard, #Izoard, #Hautes Alpes, #Croix de Toulouse, #Briançon, #Serre Chevalier, #Montdauphin, #Guillestre

130km en 5h36, D+ 2547m, coef 1.96

Météo: soleil, chaud, un peu de vent

Après une semaine dans le Vaucluse, nous avons pris la voiture en famille hier pour rallier Serre Chevalier, dans les Hautes Alpes, non sans faire la pause à Savines le lac après le pont sur le Serre-Ponçon et mangé une glace phénoménale avec vue sur les eaux turquoises de ce lac venté.

Aujourd'hui sera ma seule longue sortie à vélo dans les Hautes Alpes, puisque nous ne restons que 4-5 jours. J'opte sans hésiter sur la boucle classique du col d'Izoard par son versant sud, le versant mythique de la Casse Déserte.

Alors ce col, c'est simple, je ne l'ai jamais bien passé ! Il m'a toujours bien flingué. De mémoire, je l'ai grimpé deux fois en aller-retour côté nord, par Briançon, notamment une fois avec mon frère Thomas, il y a de nombreuses années, et en VTT (mais par la route).

Plus récemment, je crois l'avoir monté trois fois: une fois après avoir grimpé Agnel, une fois 'seul' (sans ajout ni avant, ni après, au delà de la boucle par Guillestre), et il y a deux ans après avoir franchi le col de Vars. IL fait toujours chaud par là-bas, et c'est un col long, changeant, exigeant. En plus, on n'arrive jamais frais au pied de l'Izoard (le pied étant situé au niveau de Chateau Queyras), puisqu'il faut dejà avoir grimpé les gorges du Guil, situées au-dessus de Guillestre. 

Je démarre en milieu de matinée de Monétier les Bains, à Serre Chevalier. Vent dans le dos, ça file à 40km/h sur Briançon, puis je pars à droite sur la grosse route. Enormément de trafic, c'est jamais bien agréable ici. Mais comme il y a deux ans, je vais bifurquer par la courte remontée / longue redescente par les Vigneaux, sur la route de Puy St Vincent, pour m'éviter la grosse nationale qui passe à l'Argentière la Bessée.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Déjà de beaux paysages ici, et pas mal de cyclistes, quoique plutôt en sens inverse. A l'Argentière, je vais continuer à longer la grosse route un long moment; plus encore qu'il y a deux ans. Mais au bout d'un moment il faut bien l'emprunter, plein sud (où alors, il faudrait se faire la bosse de Champcella, ce qui ne me tente pas trop aujourd'hui, je veux en garder en réserve pour monter l'Izoard. alors un peu de vent de traviole ne va pas m'aider, mais je finirais par dépasser Montdauphin, tourner à gauche au grand rond-point, et monter à Guillestre. Ici, toujours presque autant de trafic mais ça roule moins vite et on se sent moins comme un vélo sur une autoroute !

Peu de plaisir jusqu'ici, mais c'est le prix de la Casse Déserte. A partir d'ici, attention les yeux. Il fait chaud à Guillestre et je trouve que ça monte beaucoup pour en sortir... mais voilà enfin le Guil; j'ai laissé la Durance derrière moi et c'est cette petite rivière de montagne que je vais longer, par le tout petit col de l'Ange Gardien et Chateau Queyras.

L'histoire, toute simple, d'une rencontre au sommet...

Coup de bol, j'ai encore vent dans le dos ! Alors là, ça roule facile, je n'ai pas besoin de m'employer et ça avance sans souci. Je reprends pas mal de cyclistes ici. Puis au loin, un cycliste habillé en vert et noir, qui roule un tout petit peu en-deça de mon rythme... je vais mettre un moment à le reprendre, mais finirais par le doubler. Il saute dans ma roue et ne moufte pas. ll est italien et ne parle pas français; moi je suis français et ne parle pas italien. La belle affaire. Mais on va rouler de concert un moment...

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

A l'Ange Gardien après avoir profité de ma roue un bon moment, je m'attends à le voir débraquer et partir en flèche, mais que nenni. Il reste juste derrière... je conserve mon rythme et peu après, voilà le virage à gauche, annonciateur des 14km exigeants pour monter à 2360m d'altitude, à la stèle sommitale !

Là encore, mon italien (il s'appelle Sergio, je l'apprendrais le lendemain...) ne s'envole pas ; mais il passe devant. Il est clairement meilleur grimpeur que moi. Je prends sa roue à mon tour. Un peu dur au début, je n'aime pas la première section du col, ou plutôt, je la trouve méchante, irrégulière. Elle ne m'a jamais bien réussi, et je dois dire que je me bats un peu pour rester derrière le cycliste vert et noir. On ne discute pas, moi perso je ne peux pas, je suis en rythme soutenu... mode 'je ne lâche rien' activé !

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Une fois ou deux, je décroche, surtout en arrivant à Arvieux. Mais ça finit par recoller, et on repart en duo. Pas de pause à Arvieux, j'ai décidé de garder cette roue qui me convient à merveille. Et puis il me reste un bidon quasi plein, ça suffira bien (je dis ça en connaissance et expérience... j'ai toujours manqué d'eau ici, et la pause au lavoir d'Arvieux est d'habitude un must).

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Sergio, l'italien de vert et de noir vêtu, fait une pause express à une fontaine en sortie de village. Moi pas, je poursuis, mais ne serais pas surpris du tout de le voir revenir sur moi quelques minutes après, sans peine. Il repasse devant. Avant Brunissard, je passe un coup devant pour montrer que je veux aussi l'aider un peu et participer... mais non, il repasse immédiatement devant.

OK.

Sortie de Brunissard, probablement le passage le plus dur de ce col, très pentu, et au début on ne se voit pas trop avancer sur cette ligne droite. Je mange une crème de marron, bois un coup, et serre les dents. Dans la roue, toujours en duo, et on continue. Je retente une seconde fois de passer un peu devant... non pas pour accélérer, je ne pourrais pas de toutes façons... mais pour contribuer un petit quelque chose... là encore, même pas une minute devant et ce Sergio à la socquette légère repasse devant.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

L'enchainement des lacets au-dessus de Brunissard ne passe pas si mal. Je suis dans le dur, mais en gestion aussi. Passage du col de la Platrière, qui nous engage sur la courte redescente dans la Casse Déserte... cette fois-ci, je laisse filer l'italien, tant pis... il m'aura amené suffisamment haut, je peux me débrouiller pour finir le boulot.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Mais au niveau de la stèle Coppi/Bobet, avec le gros coup de cul plein dans la pente, tout à gauche bien sur, je vois que je reviens doucement... alors je mets un coup de collier, et peu après je suis de nouveau dans sa roue. Top ! On reprend quelques cyclistes, on se salue en passant, on souffre ensemble dans cette belle galère !

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Dernier kilomètre... mon italien affuté met un peu de rythme en plus... alors là forcément le lieu, le moment, force à pousser la machine... c'est dur, mais ça passe bien... et c'est donc à deux, en duo qu'on va atteindre le sommet. Je le vois devant se retourner sans arrêt... je me mets à sa place, il doit s'attendre à ce que j'accélère... mais non... ce n'est pas mon genre, je ne vais pas jouer à ça, surtout après toute son aide !

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

On franchit la ligne au sommet, il me tend un poing... grand moment, il me lance un 'chapeau, grande, grande' qui met le sourire au lèvre. On a bien tourné ensemble, ce fut un chouette moment. Rapide photo au sommet, et avec le coupe-vent, je pars en descente, non sans faire quelques photos.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet
09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Pause à une borne fontaine à Le Laus, avant de traverser Cervières. Puis du vent de face en longeant la Cerveyrette. Dur dur, il fait chaud en arrivant à Briançon ! Je passe par la vieille ville pour le côté touristique, et trouve une route qui me permettra d'à peine avoir à pousser le vélo ni être gêné par les touristes à pied.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

De là, il me reste l'idée d'aller chercher la route pentue et nombreux lacets resserrés de la route bitumée qui mène à la Croix de Toulouse. La fin de cet itinéraire, au sommet, est non revêtu, je sais donc que je n'irais pas jusqu'en haut. Mais Pascal 'Bridou' avait mis des photos alléchantes sur facebook il y a quelques années, alors à mon tour de m'y rendre.

La route démarre derrière l'hopital, et de fait, c'est tout en pente et en lacets, sur cette route très étroite, très pentue, dans un environnement aride, chaud, venté, hostile. On ressort rapidement des arbres, et la pente ne relâche jamais vraiment. 4km à 10%, soit 400m de dénivelé, des stats qui ne mentent pas !

09/08/2021 - Une rencontre au sommet
09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Je fais comme je peux, j'ai les jambes molles, et le cardio a un peu du mal avec cette chaleur. Mais là n'est pas le sujet. Car le sujet est à 100% panoramique, et là c'est un 20/20. Vraiment belle, cette route, resserrée... ça vaut le détour si on aime les lacets !

Le bitume a quelques méchants ressauts, faudra faire gaffe à la descente, surtout avec tant de pente. Je souffle, je sue, mais j'arrive en haut, à côté d'une bicoque, là où le bitume laisse place à un sentier. Une barre de céréales pour m'auto-congratuler, puis demi-tour... et paf, la chute sur l'épaule et la cuisse gauche en coinçant la roue avant dans une rigole un peu trop profonde, ayant eu le mauvais réflexe de freiner de l'avant. Heureusement, c'était à l'arrêt tout ça, et je m'en tirerais sans abimer le matos, simplement quelques courbatures qui trainent encore quelques jours après.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet
09/08/2021 - Une rencontre au sommet
09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Du coup, je fais la descente sur les freins. Quelques pauses photos, et me revoilà en bas. Me reste à me taper toute la vallée de Briançon à Monétier avec le vent de face... Sauf que non ! Le vent à tourné depuis tout à l'heure.... quel bol, j'aurais fait cette sortie à 80% vent dans le dos ! Du coup, ça avance bien, et quand un jeune à vélo me double à fond en me saluant, je lui laisse 20m et me décide à mettre du rythme... du coup je rentre à fond jusqu'aux Guibertes, où je tourne à gauche pour finir doucement sur cette route bucolique, celle qui sert de piste de fond l'hiver.

09/08/2021 - Une rencontre au sommet

Une belle sortie... qui se termine sur les réseaux sociaux ! Je retrouve mon italien sur strava. Il a mis un mot super cool sur la page de sa sortie... parle de ce français qui ne décrochait pas un mot, mais qui serrait les dents, et qu'il a attendu sur la route de l'Izoard... ahhhhhh le vélo, le beau vélo, ce sport qui permet quand même de valeureux efforts et de belles rencontres ! Du coup je lui mets un mot et lui enverrais de belles photos de lui dans l'Izoard, que j'ai pris en profitant de sa roue...

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O
Que c'est beau !!! Le parcours, ce col mythique, les photos, le récit et cette rencontre surtout. J'ai toujours eu un faible pour les italiens et les belges qui sont toujours super sympas à vélo. En tout cas, un peu plus que nous autres français. Et j'ai l'impression que ton partenaire roulait sur un Bianchi, cela va de soi. Forza Italia !!!
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C
Ahah oui j'ai eu la même réflexion que toi en le voyant... que 'évidemment', il roulait sur un beau Bianchi :)
Oui, une bien belle partie de pédalage en tout cas, et des paysages que j'adore et où je reviens... dès que je peux. Ces derniers temps, une fois par an.

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Cyclotourisme en Rhône Alpes / Suisse