26 avril 2016 (Cévennes) - Incursion au nord du massif
92km en 4h14, D+ 1810m, coef 1.96
Météo: vent d'ouest, froid glacial, grésil au sommet
Quatrième sortie cévenole. J'ai un infime espoir en me levant ce matin, malgré les jambes lourdes liées aux sorties répétées: dans ma seule expérience de rouler 4 jours de suite, le jour 3 est le plus difficile. Et donc, qui sait, peut-être que je vais retrouver mes jambes aujourd'hui ?
BIG MISTAKE. Je suis simplement cuit et à court de forme. Le vent, le froid, la fatigue générale n'aident en rien, mais globalement, je pense que je suis surtout moins en forme que l'an passé à ce stade de la saison.
Je partais pour 125km et 2500m de dénivelé positif aujourd'hui: je me verrais contraint de réduire de manière importante.
... mais ça, je ne le sais pas encore, alors que je m'élance du Collet de Dèze à 8h45, par un tout petit 6° au mercure. Pas le choix, j'emmène 4 couches en haut en tout, que je passerais mon temps à cumuler / remettre dans le sac / remettre, etc.
Allez hop, 800m de nationale et c'est parti à gauche pour la première ascension. Compter environ 7km de grimpée. Je ferais une pause à mi-ascension pour enlever le maillot à ML. Une très jolie ascension, moins irrégulière que certaines montées ces derniers jours, et relativement roulante. J'en fais une partie à l'ombre avant d'atteindre le col de Pendédis (altitude 666m - la première fois que je franchis un col en Lozère), où je profite enfin un peu du soleil. Pas de pause ici, je poursuis à droite avec tout d'abord un énoooorme coup de cul puis ensuite une route en balcons relativement facile. Et voici le col de Prentigarde (altitude 785m), également nommé col du Serre du Pradel.
Beaucoup de vent là-haut - je remets toutes mes couches, ainsi notamment qu'un buff sur la tête mais aussi un autre autour du cou, et j'enquille dans la descente.
La descente est un vrai bonheur. Je n'ai pas froid malgré les conditions vraiment froides... il me faudrait des gants longs, mais sinon ça va. Un moment magique - seul le vélo fait vivre ça !
Arrivé en bas, ça remonte illico à St Germain de Calberte. Encore un village désertique, ou presque... pas vu âme qui vive en le traversant. Ça continue de grimper derrière, toujours de manière aussi irrégulière. Encore quelques tas de gravier à déplorer de part et d'autre de la chaussée, mais la route va passer un espèce de 'cap' de la montagne, et serpenter le long de son autre versant, en passant derrière à droite. Et là BIM les yeux - que c'est beau ! Encore des collines à perte de vue, baignées de soleil. Et pour une fois, je peux en profiter, car la route replate très largement sur plusieurs kilomètres. Magnifique. Un vrai petit coin d'paradis.
Le col de Malhaussette (altitude 602m) est là pour me rappeler à la dure réalité des choses - à partir de là, ça repart en grimpette. Un bruit suspect sur le vélo me gêne un petit peu - un frottement lorsque je suis en danseuse, mais ce ne sont pas les patins de freins qui touchent la jante. Bizarre. Toujours pas élucidé pour le moment...
La montée est interminable jusqu'au Plan de Fontmort (altitude 896m), mais c'est surtout la météo tournante qui m'inquiète. Le vent me fouette le visage, les nuages s’amoncellent... ça sent l'averse glaciale. Je ne traine donc pas au niveau du col surtout que ça continue de monter par à-coups. Encore plus de 100m de dénivelé à grimper avant d'atteindre le sommet du plateau... sous la pluie et par 3-4°. Je ne vous cache pas que je n'en mène pas large à ce moment là. Mais j'essaie de laisser passer l'averse, aussi bien au point de vue météo qu'au point de vue physique... je suis las, fatigué, usé. Les jambes sont lourdes, et le moteur ne carbure pas comme d'habitude.
Gros coup de barre en arrivant justement au village de Barre des Cévennes ! 45km au compteur et presque bientôt 3 heures se sont écoulées depuis mon départ du Collet de Dèze ! M'enfin... que se passe-t-il ?!
Pour en rajouter une couche à ce moment difficile, le village de Barre de Cévennes est en travaux partout. Ils refont la chaussée, les trottoirs, tout ! Je suis obligé de pousser le vélo à deux reprises, sinon sur cette piste, je risque de crever.
D'ici part une boucle de 25km qui me fera franchir 3 nouveaux cols vers l'est. Mais la boucle repasse par ici. J'ai donc besoin de prendre le temps de me remettre de mes émotions (gelées) pour prendre une décision quant à la suite du parcours.
A l'écart du village, je pose le vélo contre un arbre, m'assois par terre et mange un bout de sandwich. Le physique ne répond plus. Le mental a pris un sérieux coup de massue. Il est peut-être temps de commencer la lente rentrée vers la voiture plutôt que de me jeter dans la gueule du loup en ajoutant la bosse (conséquente) initialement prévue.
Allez, c'est décidé, je rabote le parcours de 25km et de 850m de dénivelé.
Encore couvert de tous les vêtements que j'ai à ma disposition à ce moment T, je descends un peu... mais la route se cabre, et remet encore un gros coup de montée. Argh. Je passe ça 'comme je peux'. Puis enfin, c'est un replat et une longue descente sur St Julien d'Arpaon, qui me fera passer par le col de l'Oumenet (altitude 902m). Les éclaircies font place aux courtes averses de grésil qui fouette le visage, ainsi que le vent, qui souffle en bourrasques.
Je suis content d'être de retour 'en bas' !
Vent dans le dos, je file sur la N106... et que ça fait du bien de rouler sur du plat ! Si je ne me connaissais pas assez bien, je pourrais croire avoir retrouvé la plénitude de mes moyens... mais je n'oublie pas que 30km/h de vent dans le dos, ça ferait avancer un pachyderme en unicycle à vitesse surprenante, à n'en pas douter.
Il fait très sombre sur cette N106 qui traverse toute une enfilade de gorges... je fais une petite pause pour finir mon sandwich, enlever le k-way, et je repars. Toute en moulinette, histoire de faire bien circuler le sang et me réchauffer. Je ne sens plus mes pieds depuis un moment.
A hauteur de Cassagnas, je tire tout droit sur la nationale. J'avais prévu d'aller chercher le col de la Planète en aller-retour depuis ici, mais ça aussi je le rabote (surtout que la montée s'annonçait pentue).
200m avant d'atteindre le col de Jalcreste, je prends une petite route 'anonyme' à gauche de la chaussée. Petite descente, petite remontée et 5min plus tard, je suis au niveau du col de la Pierre Plantée (altitude 861m), et de son petit menhir debout.
Je reviens sur mes pas pour atteindre le col de Jalcreste (altitude 833m), où je remets une couche avant de prendre à droite pour descendre en pente douce. Le soleil et le ciel bleu font leur retour. Le vent semble légèrement se calmer aussi.
Magnifique petite descente, puis la route replate avant d'atteindre le col de la Croix de Bourel (altitude 783m), où je fais une pause 'gouter' !
Puis le retour est sans histoire. J'atteins le col de Pendédis, déjà atteint ce matin, et redescends par la même route. Pas fâché d'en avoir terminé plus tôt que prévu, aujourd'hui !