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21 Aug

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Publié par cestdurlevelo  - Catégories :  #BRM, #BRM 1000, #Brevet des Randonneurs Mondiaux, #Trirhéna, #Alsace, #Kingersheim, #Cyclo Club Kingersheim, #Chasse aux cols, #Col du Surceneux, #Col des Feignes sous Vologne, #Col de la Grande Basse, #Col de la Croix des Moinats, #Le col du Ballon, #Ballon d'Alsace, #Mulhouse, #Longemer, #Moselle, #Vosges

Section 4 du BRM 1000km "Trirhéna": de Plainfaing à Kingersheim

  • - Distance: 167km
  • - Dénivelé positif: 2188m
  • - 8h50 (pédalage + pauses)
  • - Météo: nuit froide et grosse humidité sur la première moitié, due aux grosses pluies de la veille au soir
17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Dernière section de ce Trirhéna 2018. Je pars cette fois sur la section 'light' du parcours, en raison de ma fatigue extrême et surtout de la peur de voir les choses trop en grand dans des conditions potentiellement orageuses en altitude. Je pars livrer bataille également pour la troisième nuit de ce parcours. Les forces me manquent, le moral est très limite... mais l'envie est encore là, motivée par l'envie d'en découdre une dernière fois pour atteindre l'arrivée à Kingersheim.

Une nouvelle fois, l'arrêt au ravitaillement m'a beaucoup aidé. Bien manger, échanger quelques phrases avec des amis - je préfère les appeler comme ça que dire 'volontaires', ce qui fait très superficiel et limité au vu du rôle qu'ils jouent ! Dormir aussi, 2h en tout. Et repartir. Une dernière fois. Au bout de la nuit, au bout de l'effort, les lumières du club-house de Kingersheim m'attendent. C'est le bout du tunnel, la délivrance. Mais auparavant, il me reste une bien difficile étape à mener à bien. Toute une nuit à vélo, à effectuer probablement seul, probablement dans l'humidité ou la pluie.

Habillé chaudement, je suis prêt à en découdre. Je m'amuse intérieurement de ce côté 'badass', jamais je ne me serais cru capable de partir comme ça à l'affront d'une nuit entière avec dejà plus de 800km dans les jambes.

Le moral est peut être ce qui me permet de franchir ces étapes difficiles, mais je sais également qu'il pourrait bien flancher à tout moment. A en juger par ce moment au bout de 30 minutes après Plainfaing où les larmes me viennent aux yeux à songer à l'arrivée - immédiatement, réflexe d'auto-défense, je m'interdis à haute voix d'y penser si tôt dans l'étape. Ne pas croire que c'est "déjà fait" en pensant déjà à l'arrivée alors qu'il reste 170km et que les forces me manquent.

Tout le début de ce dernier bout du parcours est sur des pistes cyclables. Il ne pleut plus, mais la chaussée est détrempée. Puis ensuite ce sont de petites routes anonymes, plongées dans le noir et l'humidité, qui déroulent leur tapis gris devant mes roues fatiguées. Mais mes yeux sont alertes. Dormir un bout à Plainfaing m'a remis d'aplomb, je suis prêt à bouffer la fin de ce festin d'ogre qu'est le Trirhena.

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Puis ça grimpe un moment. Je ne roule pas bien vite, mais la température est fraîche et ça me convient bien. Il ne manque que la musique sur les oreilles pour faire de cette sortie un perfect all nighter ;)

Le col du Surceneux (altitude 810m) n'est pas méchant, je profite de ces moments de fraîcheur - je n'ai absolument pas froid, ça c'est une bonne nouvelle. Les phares des très rares voitures m'éblouissent fortement, jusqu'à ce qu'en général ils finissent par passer en feux de croisement. Je joue à éviter les limaces sur la route. Plus loin, je serais étonné par le nombre de grenouilles écrasées sur la chaussée - beurk.

A Xonrupt-Longemer, je récupère une route qui serait passante en journée, mais là les voitures qui me doublent sont vraiment rares ! L'itinéraire longe ensuite le lac de Longemer. Evidemment je ne vois rien, en dehors d'un ou deux reflets de lumières au début, avant d'être au bord. Mais il fait très frais, vraiment. Les gants longs et le bonnet sur les oreilles ne sont pas de trop.

Je suis ensuite la route qui monte en passant à proximité du lac de Retournemer - en montée. Là, j'ai encore un peu de forces, ça roule correctement. Cruise control....

Deux longs lacets ensuite, et la route replate un moment, pour passer le col des Feignes sous Vologne (altitude 954m), puis ensuite à droite sur la route de la Bresse, par le col de la Grande Basse (altitude 990m).

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Le lac de Lispach sur ma droite, on en ressent le froid et l'humidité à travers les vêtements, brrrr - je reprends un BRMiste du Trirhena, lui demande si tout va bien en passant (oui) et file en descente sur La Bresse.

De là, tournant à droite et ça remonte illico vers le col de la Croix des Moinats (altitude 890m). Une montée probablement facile et roulante en temps normal - ici je rame un peu, et j'ai du mal à ne pas trouver le temps long. Mais je me concentre sur l'effort, et cherche activement à remplir mes bidons puisqu'ils se vident à vitesse grand V. Pour ça, j'allume régulièrement la lampe frontale fixée sur mon casque pour chercher à droite, à gauche. Pour le moment, rien.

Me voilà enfin en haut !

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Après la descente, à Vagney il faut faire un gauche-droite, qui m'amène sur une belle piste cyclable. Il fait frisquet, et il y a encore beaucoup d'humidité partout. Je songe notamment aux glissades possibles dans ces conditions, alors prudence maximum.

A partir d'ici, je ne le savais pas, mais c'est 33km de piste cyclable qui m'attendent ! De manière très très rectiligne, 100% plat. Des barrières protègent cette piste cyclable, laquelle est totalement séparée de toute chaussée, en forçant le cycliste à faire un petit gauche-droite pour passer entre les deux barrière, à chaque fois. Or, la piste cyclable franchis des dizaines de petites départementales, ce qui à chaque fois sous entend un maniement prudent du vélo, pour ne pas heurter la barrière.

Oh - je ne roule pas vite, c'est pas ça. Mais au bout d'un moment, ce petit jeu devient limite agaçant, ennuyeux à mourir. Cette section du Trirhena a l'intérêt positif de me faire pédaler 100% en sécurité au beau milieu de la nuit, mais elle ne restera pas pour autant dans mes meilleurs souvenirs de cette épreuve au long cours.

Un court bout de route en arrivant à Dommartin. Ah chouette, c'est l'avant dernier contrôle du BRM ! En arrivant devant le panneau à photographier, je vois un petit phare rouge qui s'éloigne doucement en tremblottant. Clairement un participant au Trirhena ! Et si c'était Yann ? Ou Eric ?Je sais qu'il est parti plusieurs heures avant moi, mais qu'il voulait dormir quelque part sur le parcours.

Contrôle n°13, km 893

Contrôle n°13, km 893

Je profite de ce court arrêt à Dommartin pour remplacer la batterie d'éclairage AV, qui montrait des signes de fatigue. Me revoilà parti pour la fin de la nuit !

Comme j'ai mal aux fesses, je continue de parfois faire un peu de danseuse également. Ma progression n'est vraiment pas fluide, mais j'ai le mérite d'avancer, et de ne pas m'arrêter. Or, comme je l'avais lu sur les lieux de discussions en ligne liés à la toute récente Transcontinental Race, chaque minute passée assis au bord de la route est une minute où on n'avance pas ! Une lapalissade qui est simplissime mais vraie. Alors je chante dans ma tête, en cadence avec le pédalage. Je pense à ma famille, à mes amis, au fait que je n'ai plus aucun doute que j'irais jusqu'au bout de cette aventure. Je me retourne aussi de temps en temps dans l'espoir d'apercevoir un phare de BRMiste qui me reviendrait dessus.... mais rien. Rien de rien. Juste le bitume, le froid, et moi.

Ah - et un hérisson, qui se retourne à l'approche de mes phares, et que j'évite tout juste.

Je cherche de l'eau, toujours sans succès. Pas étonnant, cette piste cyclable évite le centre de tous les villages qu'elle aborde. Donc pas de fontaine d'église, pas de fontaine de cimetière, pas de fontaine de place du village ! RIEN. NADA. ZERO.

Je m'arrête même à des toilettes publiques, éteins les éclairages pose le vélo contre le mur... tout ça pour découvrir des pissotières sans même un robinet d'eau. Je repars.

Il ne me reste même pas un demi bidon d'eau en arrivant à St Maurice sur Moselle, où j'ai le plaisir de voir sur l'écran du GPS que des lacets apparaissent sur la trace ! Youpi - ça annonce la toute dernière difficulté du Trirhena, le Ballon d'Alsace ! Mais il faut absolument que je trouve de l'eau, ça craindrait de partir aborder ça (ça va me prendre du temps de monter, c'est certain) sans eau. Mais là encore, RIEN.

C'est flou !

C'est flou !

Je pars en pestant sur les premier hectomètres de l'ascension du Ballon d'Alsace. Cette courte section est éclairée d'éclairage public, avant qu'EDF ne me laisse partir seul en éclaireur à l'assaut du Petit Ballon. Dans le noir. Toujours seul. Fourbu, mais prêt à en découdre une toute dernière fois. Ce Ballon d'Alsace est le dernier rempart qui protège Kingersheim de l'assaillant. L'assaillant, c'est moi. Et les copains, devant, derrière, qui terminent leur Trirhena également.

GO !

9km à 6.8% de moyenne

9km à 6.8% de moyenne

Après avoir pédalé un moment, un panneau de la route indique le col à 7km. Prochain kilomètre à 7% de moyenne. C'est vraiment un col très régulier. Mais alors que je pédale pendant ce qui me semble une éternité, le prochain panneau indicateur met longtemps à se dévoiler. Sommet à 5km. Bon, j'ai du en rater un (ou il manque) ! Mais surtout: QUOIIIII ? J'avance tellement doucement...

La batterie d'éclairage montre deja ses limites en passant du vert au bleu au niveau de l'indicateur. Par prudence, je vais l'éteindre un moment, et rouler à la frontale; au rythme où j'avance ça changera pas grand chose ! Je rallumerais l'éclairage principal pour la descente du Ballon d'Alsace.

Je fais la grande majorité de cette ascension dressé sur les pédales. Les cuisses répondent bien, c'est le cardio qui refuse de faire son boulot. J'ai trop mal au popotin aussi.

Puis de fil en aiguille, j'entre doucement dans une vague de brouillard. L'éclairage de ma frontale montre les gouttes en suspension voler devant mes yeux. J'ai le visage luisant d'humidité. Et ça caille !

Encore 2-3 lacets avec la pente qui augmente, je prend bien à l'extérieur de la chaussée pour m'épargner le moindre effort. Courte pause pour constater qu'effectivement il n'y a plus rien à boire 'à bord' de mon vélo. Petite exception à mes habitudes, je vais boire un 'shot' cafféiné. "Aux fruits jaunes", que ça dit sur l'emballage. Beurk, c'est dégueulasse. Mais bon, c'est pour la bonne cause. Et éviter que la descente ne m'endorme. On sait jamais !

Une courte pause encore à la jumenterie du Ballon d'Alsace, un peu après que la ligne des 1000m d'altitude ait été franchie. Un batiment est ouvert, j'ai l'espoir d'y trouver un robinet, mais que nenni. je repars.

Dernier kilomètre de grimpée ! Je suis tellement content d'arriver au sommet ! J'en fait même une petite vidéo que j'essaierais d'inclure ici dans les jours à venir. Pour garder des souvenirs clairs de ces moments particuliers où j'ai atteint le graal... ou presque.

Contrôle n°14, km 930

Contrôle n°14, km 930

Il est 3h37, je suis au sommet du col du Ballon (altitude 1171m) ! En pédalant sur le replat du sommet, je remarque un cyclo du Trirhena endormi assis contre le bâtiment en bord de chaussée. Je me demande comment il fait pour dormir assis, mais aussi et surtout comment on peut en revenir à dormir ici par un tel froid, AVANT de redescendre dans des températures abominablement froides (ressenti du à la fatigue bien sur) ?! Mais bon... on est tous différents, il n'y a pas de manière de faire ou de ne pas faire... alors no comment je poursuis mon chemin.

J'ai refermé toutes mes couches en haut et j'ai mis le buff sur la bouche en mode bandit. Pour me protéger au mieux de ce froid qui me tord les entrailles.

Ca file en descente. Mais plus bas, il me faut faire un court demi tour, j'ai raté un embranchement à gauche !

Puis ça repart en descente pentue. Prudence, donc. Au moins, la chaussée est sèche. Mais ouahou que cette descente m'aura donné froid !

La route franchit le lac d'Alfeld, puis le lac de Sewen. Dans le village de Sewen, je trouve enfin une fontaine pour remplir mes bidons. Je bois goulument pour contre-carrer ma déshydratation en cours.

Sewen

Sewen

A partir d'ici, j'ai de nombreux kilomètres en faux plat descendant. C'est roulant et je ne pédale que modérément. Pas de forces à mettre là-dedans, quand ça avance déjà à un petit 25km/h sans s'user !

Restent 69km à parcourir environ. Au début les routes sont roulantes, je n'ai pas trop de souci à bien avancer... puis peu à peu je pioche encore, je rame.

Mais je prends mon mal en patience. Je me concentre à bien m'orienter, à bien garder le cap et conserver cette petite flèche noire qui me représente sur l'écran du GPS, alignée avec la trace verte/blanche de l'écran, en mode nocturne. Je fais gaffe à bien recharger le GPS une dernière fois pour que sa batterie dure jusqu'au bout du bout. Je mange encore un bout, bois un coup.

Peu à peu, la route quitte les villages et franchis des champs de maïs, des champs en friche. Une petite bosse par ci, un hameau anonyme, plongé dans le noir par là.

Et voici enfin les lumières de la ville, là bas au loin, au-delà des collines. Et les premières lueurs du jour qui pointent le bout de leur nez.

Puis ensuite, la trace du GPS rejoint la trace des premiers kilomètres initiaux, il y a trois jours ! Youhou, j'y suis presque !

Je reconnais telle route, tel embranchement où l'accompagnateur CCK nous avait 'ouvert' la route en nous faisant signe de passer. Je reconnais la mairie de tel village, le nom du village suivant. Pause pipi, puis je remonte en selle. UNE TOUTE DERNIERE FOIS !

Je navigue du doigt sur le GPS pour explorer la carte et me faire une idée du nombre de kilomètres restants. C'est qu'à force de petits détours ces trois jours, le kilométrage affiché sur le GPS ne veut plus rien dire par rapport aux 1000km affichés sur le parcours, si je l'avais suivi absolument à la lettre.

Et voici le pont de l'autoroute avec ce qui ressemble aux grosses machines d'anciennes mines (il y a deux terrils ici). Et la discothèque devant laquelle, quelques kilomètres après le départ, Jean Luc avait plaisanté - disant que Yann avait probablement passé sa dernière soirée pré-BRM, ici !

J'envoie un SMS à Amandine, Brigitte, Franco, Cricri... certains de ceux qui m'auront le plus encouragé, et suivi, au cours de ces dernières journées. "Je suis à 3km de l'arrivée".

Et avant de pouvoir dire ouf, le petit virage à gauche et la longue ligne droite: panneau d'entrée de ville: KINGERSHEIM ! J'ai les larmes qui me montent aux yeux, je sais que cette fois ci je peux lâcher du lest et accepter l'évidence: je vais y arriver! J'ai pédalé 1000 kilomètres à vélo. Jamais j'aurais cru pouvoir faire ça... à vrai dire même en écrivant ces lignes, je n'en reviens toujours pas. Et puis, ce n'étaient pas 1000km plats... pas exactement. Avec les sections 1, 2, 3 et 4 respectivement en max, max, max et light, j'affiche 18 040m de dénivelé positif !

J'admire d'un oeil humide le carré rouge sur l'écran du GPS. Il symbolise l'arrivée du Trirhena, et se 'rapproche' grandement de moi. Ou l'inverse ! Bref.

Reste à laisser passer les feux tricolores, et embrancher à droite par deux fois, pour me retrouver sur la rue de l'Oranger, d'où on est partis il y a trois jours, presque pile poil, devant le club house du Cyclo Club Kingersheim ! Je filme ce moment (j'en publierais une vidéo prochainement, comme à mon habitude). Alors que je tourne à droite et débouche sur la rue finale, mes Champs Elysées à moi, voilà Bridou au bout de la rue, avec le président du club ! Ils m'accueillent et m'applaudissent.

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid
17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Je déclipse la pédale et pose le pied au sol. J'ai fini ce Trirhena ! Pascal filme tout ça en facebook live, et cueille mes réactions à chaud. Dejà, j'en reviens pas qu'il ait su à temps quand j'arrivais pour me saisir sur le vif, à m'attendre devant leur club. Je comprendrais plus tard que les copains l'ayant appris par mes SMS ont transmis l'info - logique. Mais après tant de route, tant de fatigue, je n'ai plus les idées très claires.

Valex sort dans la rue et offre de me tenir le vélo alors que j'en descends. Toujours le coeur sur la main, comme d'habitude. J'appuie sur le 'stop' du bouton GPS cérémonieusement, pour mettre fin à cette aventure.

Reste à rentrer, prendre une douche, et manger. Tout en accueillant les participants qui arriveront dans la matinée, les uns après les autres. A commencer par Yann, qui arrive une demi-heure après moi, épuisé, en larmes également. Ce Trirhena là vous remue les tripes et vous pousse au plus profond de vous même...

17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid
17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid
17-18 aout 2018 (Trirhéna) - (4/4) La nuit, la solitude, l'humidité et le froid

Après m'être restauré et avoir discuté 2 heures avec les amis dans le club house, je m'écroule de sommeil sur un lit de camp... à côté de Yann. On aura eu le même rythme pendant 3 jours, mec ! Ou presque. A mon réveil, Aurore est là pour discuter 5 minutes, même si elle doit filer après. Je suis dans le brouillard, mais je profite de chaque minute. J'apprendrais aussi après coup que Jean Luc est passé pendant qu'on dormait, malheureusement on n'aura pas pu échanger à chaud.

Ainsi se termine ma plus grande aventure sportive, et l'un des faits les plus marquants de toute ma vie... si si, ça marque vraiment. Ca vide le jambes, le cardio, les tripes. Ca vous tord et vous épuise. Mais ça vous remplit de souvenirs d'un tracé mémorable, sur des routes incroyables, variées et exigeantes. Tout ça entouré de gens avec le coeur sur la main.
Et comme on dit désormais avec Yann: "celle-là, on nous l'enlèvera jamais" !

A proximité de la ligne d'arrivée...

A proximité de la ligne d'arrivée...

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M
Superbe récit !!!!! J'en ai les larmes aux yeux ...... Félicitations, mais je ne suis pas surpris, je sentais bien que tu en étais capable (sinon je n'aurais pas insisté pour que tu t'inscrives). Pour le fun, je pense que c'est Alain que tu as vu dormir assis au sommet du Ballon, j'étais allongé à côté mais tu ne m'as pas vu. J'étais complètement mort, l'endroit n'était pas idéal pour dormir, j'aurais dû dormir en bas avant de monter... Encore félicitations, ce fut un plaisir de te côtoyer pendant ces 3 jours ....
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C
Salut Miguel. Venant de toi ça me touche beaucoup !!! Merci !!!
C'est marrant je me rappelle parfaitement de notre discussion à la fin de l'AVM en juin. Ce jour là, j'avais presque pris ma décision de m'inscrire au Trirhena, mais je le gardais pour moi pour encore y réfléchir sans influences extérieures. Moi même je ne m'en croyais pas capable, MEME au départ le 15.08 ! Mais voilà. C'est fait et j'en ai appris un tas sur moi même par la même occasion !
Ahah c'était donc vous deux les 'inuits' qui dormaient par 10° (-5° ressentis !!!) au sommet du Petit Ballon. Ben dis donc... j'espère que vous n'avez pas trop souffert dans la descente ! Encore bravo... et merci pour ces moments où on se croise avec les yeux qui brillent à chaque fois..... de difficulté, mais aussi et surtout de bonheur ! Ce Trirhena, on nous l'enlèvera jamais !
M
Bravo, Baptiste, pour ce grand et beau challenge réussi !
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C
Salut Michel ! Ah ça fait longtemps !!! J'espère que tout va bien de ton côté ! He oui.... que de progrès depuis nos BRM 200 communs !
E
salutations distinguees!! enorme exploit, bravo!!
et ton blog est tjs aussi top!
a plus sur les routes!
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C
Salut chef ! Merci !!! Super sympa :)
D
Modeste rouleur, fidèle lecteur, je me dois de saluer votre exploit.
« Je est un autre ».
Après cette épopée, vous avez, il me semble, découvert un peu plus cet autre.
Bravo Monsieur !
A vous lire encore longtemps.
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C
Salut et merci de ton passage + message :)
C'est très bien dit ! Ah ça oui... j'en ai appris une paye sur moi même à l'occasion de ce défi XXL. Ca a confirmé beaucoup de mes impressions, de mes idées. C'en a aussi contredit plusieurs. Je retiens par exemple le fait de définitivement préférer enchainer montées / descentes lorsque je suis cuit. Car être toujours en 'prise' sur un parcours plat me met au supplice.
B
Tout ou presque a été dit dans les commentaires précédents... c'est un tel bonheur de te lire, tant sur tes sorties quotidiennes que sur un machin de dingues comme le Trirhéna ! On vibre à tes côtés, on a froid, on a faim, on avance, tu nous fais pédaler dans notre tête.
Baptiste, un immense bravo, tu es vraiment un grand bonhomme et j'espère avoir une fois le plaisir de monter Combe-Blanche avec toi !
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C
Merci Bernard ! OUI il faudrait qu'on se fasse une petite sortie-rencontre à l'occasion, c'est sur ! C'est géant ta description de 'soufrir avec moi, d'avoir faim, froid'... c'est un peu le but du blog... alors quand les émotions de l'aventure transpirent comme ça, c'est une grosse satisfaction pour moi :)

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